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  • Les comptines cruelles de Jacques Izoard

    Si pour moi Jacques Izoard n'était pas un ami intime, il faisait néanmoins partie de ma vie par les émotions ressenties à la lecture de son œuvre. A dix-sept ans, alors que je faisais connaissance avec l'édition  grâce à Jean-Yves Reuzeau et Marc Torralba du Castor Astral, un premier recueil d'Izoard me séduisit dès la prise en main du livre. Il avait été écrit à quatre mains avec Eugène Savitzkaya, lui aussi poète de l'Ecole de Liège.  C'est en 1992, lors d'un séjour en Wallonie chez Denys-Louis Colaux [1] que l'idée de réaliser un portrait pointilliste d'Izoard me vint. Il s'agissait de demander à ses nombreux amis peintres et écrivains d'apporter une contribution originale pour sortir de la biographie académique. Je ne sais pas si le numéro huit  de la revue  Orage-Lagune-Express que j'animais avec Christian Cottet-Emard fut une réussite mais Jacques Izoard sembla l'apprécier, peut-être justement pour son imperfection. « Le dossier ainsi mené me parait bien vivre et assez riche en relief. Je peux te dire que le projet enthousiasme vraiment Izoard et qu’il est extrêmement curieux et impatient du résultat  [2]». Dès la parution de la revue en 1993, Izoard s'impliqua activement pour en assurer la promotion: « J’ai été encore quelque peu souffrant durant les vacances. Mais voici la rentrée et je voudrais diffuser le beau numéro d’Orage-Lagune-Express que vous m’avez consacré ici, en Belgique, auprès d’amis divers [3].» Pour mémoire, au sommaire on pouvait trouver un long entretien avec Jacques Izoard, des textes inédits, des articles de René de Ceccaty, Francis Edeline, Joseph Orban, Denys-Louis Colaux, Eugène Savitzkaya, André Miguel, Jean-Paul Gavard-Perret, des poèmes de Conrad Detrez, Serge Czapla, Jean Follain, Andrée Chedid, Pierre Dalle Nogare, Daniel Meyer, William Cliff, Françoise Favretto, Jean-Pierre Bobillot, pour beaucoup auteurs attitrés de sa revue Odradek. A la suite de cette collaboration, Jacques continua à m'adresser chacun de ses nouveaux livres et puis sans que le fil ne soit rompu complètement, je le perdis de vue durant les dernières années de sa vie. C'est dur de l'exprimer ainsi, mais sa mort en juillet 2008 me l'a rendu plus proche que jamais. Il en est ainsi des écrivains: seule l'œuvre doit survivre.

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    [1] Cet article de Bernard Deson est extrait de  l’ouvrage de Denys-Louis-Colaux, Epitres à l’Oyonnaxien,  publié aux Editions Orage-Lagune-Express en 2009.

    [2] Lettre de D.L. Colaux de novembre 1992.

    [3] Lettre de Jacques Izoard du 28 août 1993.

     

  • Pierre Tesquet ou l'évangile selon Joseph Delteil.

     

     

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    Quand je songe à Pierre Tesquet, je me remémore l’apostrophe qu’il me lançait invariablement avec son accent chantant à chacune de nos rencontres : « Et comment va Fanfanette ? »  Il faisait référence à un sketch radiophonique diffusé sur Bergerac 95 qui l'avait émoustillé interprété  avec talent par Sylvie, ma femme, et dont le titre très explicite était "Apologie de la chute des petites culottes". Pierre cachait bien son jeu. Cet ancien directeur d’école, authentique hussard de la république, s’il portait à chacune de ses sorties un très classique costume-cravate assorti d’un imperméable et d’un couvre-chef, était en fait le moins conformiste des hommes. Lorsque je travaillais au Service Culturel de la Mairie de Bergerac, il montait nous voir une ou deux fois par semaine pour faire taper le courrier de l’Université du Temps libre qu’il présidait alors.  Impliqué dans de nombreuses activités associatives depuis les années 50 dont la création d’un ciné-club, il savait être politique quand il le fallait sans jamais s’être laissé embrigader. Par exemple, en 1986, le troisième opus des Cahiers Joseph Delteil qu’il dirigeait bénéficiera d’une généreuse subvention accordée par Jack Lang à la demande exprès de Roland Dumas.

     

      

     

    A bien y regarder pour qui le connaissait un peu, il n’est pas surprenant de découvrir qu’il a aussi écrit une courte monographie consacrée au chanteur Renaud…en 1975 [1], donc prémonitoire car la carrière de l’interprète de "Laisse béton"  venait juste de commencer. En 1989, lorsque je lui proposais de rééditer ce portrait de Renaud, il avait refusé sans que j’en comprisse la véritable raison: « Votre initiative me touche beaucoup mais vous connaissiez d’avance la réponse négative. Vous parlez du « Renaud » : il s’agissait de montrer qu’on n’avait pas affaire à un chanteur marginal mais à un homme de culture bourgeoise. Si l’interview insérée à la fin du livre vous convient, reproduisez-la dans votre revue. Après tout le numéro est consacré à Brassens. Je regrette de ne pouvoir mieux répondre à votre demande ». [2]  Depuis quelques mois déjà, souffrant et/ou dégoûté de la compagnie de ses semblables,  Pierre Tesquet s’était coupé du monde et c’est ce qu’il m’écrivait dans la même lettre datée du 18 novembre 1989 : « Vous savez que j’ai renoncé aux émissions avec Jean-François Durand et que j’ai décidé, désormais, de ne participer à aucune manifestation ou publication, quel qu’en soit le mérite. »   Il sortit de cet isolement en 1991 pour me proposer de coéditer  un nouveau numéro des Cahiers Joseph Delteil.

     

    Puis il s’est à nouveau replié sur lui-même ne faisant plus que de très rares apparitions publiques. Plusieurs fois, j’essaierai en vain de le revoir. Soit notre rendez-vous était annulé ou reporté, soit son épouse m’invitait à patienter dans l’attente d’un moment plus favorable. Je continuais à lui faire parvenir les publications d’Orage-Lagune-Express et je recevais à chaque fois un court message d’encouragement.

    Mais revenons au point de départ de cette histoire : le premier lien qui me rattacha à Pierre Tesquet fut bel et bien Joseph Delteil. Le hasard d’une provocation de potache m’avait fait présenter ses œuvres complètes au Bac de Français en juin 1977 et c’est muni d’une recommandation de l’une de ses amies que je m’étais rendu (sans y être invité) chez lui, à la Tuilerie de Massane près de Montpellier,  en juillet de la même année. Delteil devait décéder quelques mois plus tard en 1978. La même année Pierre Tesquet  faisait paraître son Portrait [3]  dont voici un extrait de la quatrième de couverture : « Ce n’était pas facile car, même mort depuis quelques semaines, Joseph Delteil bouge tout le temps, et il se tient en plein soleil. C’est un homme très vivant. »  Six ans plus tard, en 1983, c’est en lisant un article de Sud-Ouest que je découvris l’existence de Pierre Tesquet et des Cahiers Joseph Delteil. Étrangement, l’histoire contée dans cet article était proche de celle que j’avais vécue en 1977 : « J’avais cinquante fois lu son nom dans les revues de l’entre-deux guerres. Je l’ai abordé avec « La Delteillerie » ;  je pense que cet ouvrage constitue une excellente entrée dans l’œuvre. Enthousiasmé, je lui ai écrit. Il s’est trouvé qu’il a été touché par cette lettre. C’est ainsi que je fus amené à le rencontrer ». Je ne suis pas surpris par cette attirance de Pierre Tesquet pour le vieil ermite et pour ses idées redevenues tendances après mai 1968 où il passa  pour un hippie de 70 ans : « L'homme n’est pas fait pour cette civilisation, il est fait pour le bonheur. »  Il avait vu chez les étudiants en révolte un ferment et il était homme à rapprocher Daniel Cohn-Bendit et Saint-François d’Assise. 

     

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    Très vite, Pierre m’honora de sa confiance et de son amitié ce qui se concrétisa par ma participation à deux numéros des Cahiers Joseph Delteil en 1986 et en 1991. J'ai publié un entretien avec lui à propos de Delteil dans le numéro 5 de la revue Germes de Barbarie [4] dont voici quelques extraits :

     

    Joseph Delteil n'est pas un philosophe, aussi a-t-il été étonné qu'on fasse de lui un sage dans les dernières années de sa vie. Les six films que lui a consacré Jean-Marie Drot dans la série Archives du vingtième siècle , y ont été pour beaucoup. Il devait franchement rigoler devant son téléviseur quand la speakerine annonçait : « Nous allons maintenant rejoindre le sage de la Tuilerie de Massane ». Delteil a été un homme de mots plus qu'un moraliste. Durant les derniers mois de sa vie, en 1977-1978, j'ai reçu une lettre de lui très émouvante. Il y parlait des progrès de la maladie qui allait l'emporter et du cancer de sa femme Caroline. Il terminait la lettre en se ressaisissant et en disant avec humour : « On prétend que je suis un sage alors il faut que je me remette soigneusement dans ce personnage et que je continue à dire que la vie est belle malgré tout ».

     

    Lorsqu'il a quitté Paris avec Caroline au début des années trente, Joseph Delteil est devenu viticulteur pour se donner un alibi, une raison sociale. Il dit bien « j'ai pris l'état de vigneron » et non pas « j'exerce le métier de viticulteur ». La différence est de taille pour qui le connaît. Delteil n'a jamais été riche. Au début, il y a eu la dote de sa femme, quelques droits d'auteur et ses revenus agricoles. Jusqu'en 1968, date de l'édition de ses Œuvres complètes chez Grasset, ses droits d'auteur étaient dérisoires étant donné que sa production littéraire se réduisait à peu de choses depuis son exil à la campagne. A ce propos, ces œuvres complètes ne l'étaient pas car Delteil avait pratiqué une opération chirurgicale dans sa production romanesque, une espèce d'auto-censure devant la postérité. Cet ouvrage s'est vendu à 20.000 exemplaires entre 1968 et 1978 date de sa mort. Ce qui tendrait à démontrer que Delteil avait plus de lecteurs qu'on le croyait à cette époque.

     

    Chez lui, les frais étaient réduits au strict minimum pour l'entretien de la maison, l'habillement et la voiture. Il portait toujours les mêmes habits et il n'était pas rare, l'été, de le rencontrer, pieds nus, dans les rues de Montpellier. Son véhicule, une vieille 203, datait certainement de l'immédiat après-guerre. Par contre, il se faisait un point d'honneur d'offrir bonne chère à ses invités et lui-même se nourrissait bien sans que les repas soient pantagruéliques. Delteil a vécu libre, d'abord parce qu'il a aimé jusqu'au bout la même femme qui le lui rendait bien !

     

    Delteil a eu la chance de subir un purgatoire de son vivant. Les dernières années de sa vie l'ont vu se couvrir d'honneurs : la Presse, la Radio, la Télévision l'ont beaucoup sollicité, jusqu'à Marie-Claire, le type même du magazine féminin, qui a publié une série d'articles sur La Cuisine paléolithique. Ce mouvement perpétuel autour de lui le réconfortait énormément. Les relations de Delteil avec ses éditeurs étaient très variables : excellentes avec Robert Morel auquel il confia les manuscrits de Choléra et de la Cuisine paléolithique, moins bonnes avec Grasset. Il est vrai que Morel faisait des merveilles : outre des couvertures en cuir travaillé, il confectionnait à foison des livres de toutes les formes (ronds, triangulaires ou carrés) et utilisait les matériaux les plus inattendus (tissu de soutane par exemple pour un livre de sermons). Certes, une telle excentricité ne se trouvait pas chez Grasset. Néanmoins, tout ce qu'il envoyait était publié. Il lui était surtout reproché de ne pas se prêter au jeu et d'être avare de sa personne : il n'a pas joué son rôle d'écrivain célèbre qui saute d'une réception à un cocktail.

     

    Je me demande si Delteil n'a pas essayé inconsciemment de reproduire la courbe existentielle de Rimbaud avec l'abandon de la littérature pour une autre carrière. Pour Rimbaud ce fut le trafic d'armes, pour Delteil plus modestement la viticulture.

    Parmi ceux qu’il affectionnait, outre le comédien et illustrateur Jean-Yves Bertin [5], citons également Joël Cornuault qui a tenu la Librairie La Brèche à Bergerac jusqu’en 2010 et qui depuis est parti prendre les eaux à Vichy. Pierre et Joël partageaient une grande complicité intellectuelle. Lors de l’un de leurs premiers échanges épistolaires Joël Cornuault lui écrivait : « Je viens d’achever la lecture de votre Portrait de Delteil et des Cahiers et je vous envoie ces quelques lignes d’impressions. Bien sûr, je ne cherche pas à être utile ni, je l’espère, à faire le malin, ni surtout à vous apprendre quoi que ce soit sur votre propre travail (cela se rencontre, n’est-ce pas). Mais les livres, ou autres réalisations auxquelles certains se consacrent librement, sont généralement accueillis par une indifférence notable, plus ou moins polie, ou par quelques mots pour donner le change. J’essaie de ne pas sacrifier à ce rite moderne. »[6]  Peu de temps après son décès en juillet 2011, Jean-Yves Bertin m’a contacté pour organiser « quelque chose » avec ses amis, une sorte d’hommage à la hauteur de l’homme. A ma connaissance rien ne s’est fait. Ce portrait n’a pas d’autre ambition que celle du témoignage. Je laisse à Pierre Tesquet, l'homme révolté, le mot de la fin : « Ne respectons pas les garde-fous que la société a dressés le long de notre chemin ; escaladons les barrières. La société nous pousse à choisir (et elle nous tient pour suspect quand nous ne le faisons pas ou quand nous tardons à le faire) : une profession, une religion, un conjoint, un domicile, etc... parce qu'elle n'a pas trouvé de meilleur moyen four freiner l'expansion du moi qui, désormais, va croupir à l'intérieur des limites qu'il s'est sottement fixées [7]. »

     

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    Affiche dessinée par Jean-Yves Bertin


    Pierre Tesquet fut aussi homme de radio. Il collaborait dans les années 80 à l'émission de Jean-François DURAND « A la croisée des chemins, une rencontre » diffusée sur les ondes de Bergerac 95 . Il faisait notamment une revue de presse. En 1984, un fait divers avait retenu son attention : en Périgord, des religieuses accusées de séquestration d'enfants, d'élevage de crapaux à des fins pas très catholiques … sur fond de sorcellerie. Suivez le lien pour en entendre un extrait:  Emission Pierre Tesquet

     

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    [1] Portrait de Renaud par Pierre Tesquet, Robert Morel, 1982.

    [2] Numéro 7 de la revue Orage-Lagune-Express consacré à Georges Brassens

    et paru en 1990.

    [3] Portrait de Joseph Delteil, par Pierre Tesquet, Robert Morel, 1978.

    [4] Revue Germes de Barbarie n°5, avril 1985.

    [5] Il monta la pièce  Le Grand Prix de Paris ou Hippolyte avec les Comédiens de Naillac et fut l’illustrateur du N°6 des Cahiers Joseph Delteil paru en 1991.

    [6] In Les Cahiers Joseph Delteil n°3, septembre 1986.

    [7] Portrait de Joseph Delteil par Pierre Tesquet, Robert Morel, 1978.

     

  • Rod Craig : il n’y a pas que les chats qui aient sept vies

     

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    En 1989, l’informatique grand-public n’en était qu’à ses balbutiements et je devais faire preuve d’une imagination sans cesse renouvelée pour concevoir ma revue sans passer par la case imprimeur synonyme de dépôt de bilan. A l’époque, je disposais d’un excellent photocopieur et d’une machine à écrire Olivetti dotée de 25 styles d’écritures différents (dont plusieurs à espacement proportionnel).  Ainsi équipé, je pouvais obtenir des résultats proches de ceux d’une publication en imprimerie à partir de simples maquettes papier que je reprographiais au format souhaité. Aujourd’hui, lorsque je travaille sous Word, j’ai une certaine nostalgie de la liberté que me procuraient mon cutter et mes tubes de colle UHU. Je ne vous cacherai pas que j’apprécie modérément d'utiliser un logiciel de mise-en-page qui existe depuis plus de vingt ans et qui ne prévoit toujours pas que dans un livre il puisse y avoir des pages blanches donc que ces pages il ne faille pas les numéroter. Après des semaines passées à lire et à relire le mode d’emploi de Word et des nuits à visionner des tutoriels sur YouTube, je n’ai toujours pas trouvé la solution à cette ineptie. Pour en revenir à Rod Craig, je l’ai rencontré en 1988 alors que je cherchais un imprimeur low-cost pour réaliser les couvertures de ma revue. Voici le portrait que j’ai fait de lui cette année-là et qui fut publié par un hebdomadaire du groupe La Dépêche du midi :

     

    Il compose son journal sur un ordinateur et en sort la matrice sur une imprimante laser. Il est à la fois journaliste, photographe, claviste, responsable du courrier du cœur et du service petites annonces. Il s’appelle Rod Craig, est écossais plus qu’il ne le faudrait, exilé sur notre sol depuis 1976 et, après quelques années passées à la direction du service publications de Schlumberger à Grenoble, il a choisi de s’installer à Eymet.  Teigneux, tenace et plein d’humour, à 43 ans Rod Craig a souvent vécu hors des sentiers battus : journaliste à Londres puis dans le Kent, il avait déjà créé outre-Manche plusieurs magazines.  Si les habitants de Saint-Aubin-de-Cadelech appréciaient depuis 1982 un mécanicien très compétent du nom de…Rod Craig, personne ne connaissait son parcours de journaliste. Aujourd’hui, il a définitivement rangé ses clefs anglaises en contractant à nouveau le virus de la presse. « Je ne sais faire que des journaux », dit-il pour tenter de justifier son pari plutôt osé. Le journal qu’il édite tire à 3.000 exemplaires et se trouve aisément dans tous les kiosques. Il s’appelle The News et il a la particularité d’être intégralement rédigé en Anglais. En revanche, le contenu est composé d’articles consacrés à la vie de notre région. Si ce mensuel s’adresse avant tout aux sujets de sa Gracieuse Majesté vivant sur notre sol, il est également une mine d’or pour les enseignants en Anglais qui peuvent intéresser leurs élèves à partir d'une actualité locale. Ainsi, le dernier numéro paru, celui de décembre, nous apprend qu’un office religieux anglican est célébré chaque troisième dimanche du mois à Monteton (Lot-et-Garonne) et ce dans la langue de Shakespeare ou que Marmande a connu son Oradour-sur-Glane lors de la croisade des Albigeois en 1218. L’idée de The News est venue à Rod Craig lorsqu’il a constaté que dans la colonie anglo-saxonne du Sud-ouest, forte de 15000 résidents, seule une minorité parlait couramment le Français.  Cette barrière linguistique est un frein réel à une bonne insertion.  Beaucoup de britanniques sont mal informés de leurs droits mais aussi de leurs obligations et se mettent malgré eux hors-la-loi. « Comment ne pas remercier l’Eternel de ce que l’Angleterre n’ait jamais cessé d’être un club très fermé, de ce qu’on y sélectionne les semences, les étalons et les hommes d’état ? », écrivait Paul Morand au début du siècle dernier.  The News a la saveur exotique d’une soirée au pub entre amateurs de Cricket où la bière et les vins de Bordeaux coulent à flot.  

     

     

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